Perspective pour un développement de la médiation artistique thérapeutique

(mediarthe)

Il existe trois portes d’accès, interactives, dans une relation thérapeutique :

  • Le corps, avec un traitement médical, une activité sportive, de relaxation, manuelle…
  • La pensée, avec un entretien psychologique, psychothérapique…
  • L’émotion, avec l’art-thérapie en général, la médiation artistique thérapeutique

La particularité de cette dernière, contrairement à la démarche conventionnelle, est qu’elle n’est pas cognitive mais analogique et relève d’un respect de règles lui afférant en qualité de médiation : la neutralité, l’indépendance, l’absence de pouvoir. Il semblerait que la relation d’aide centrée sur la personne convienne à cette approche dans la mesure où je l’ai expérimentée, avec la musique et de manière empirique, sans même connaître son concepteur, Carl Rogers, psychologue, psychothérapeute américain que j’ai découvert ensuite à travers ma recherche-action dans le cadre d’un diplôme d’Etat.

Cela pourrait donc relever d’une forme d’universalité relative à l’équilibre humain dans un rapport expérientiel authentique et empathique partagé entre le thérapeute et la personne qu’il accueille.

Mais l’art précède ici son application, qu’elle soit musicale ou autre, c’est-à-dire une expression émotionnelle, inspirée et communicante, facilitante en thérapie. Autrement dit, l’artiste qui s’est développé pourrait-il ainsi devenir artisan d’art, pour un soin de l’âme, en quelque sorte, à condition de respecter les règles institutionnelles, nécessairement protectrices. Alors quelques préceptes pourraient exister :

  • Une personnalité artistique développée, titulaire d’un diplôme d’Etat institutionnel de niveau BAC+3 minimum (infirmier, éducateur, animateur, psychologue… voire médecin) qui resterait dans sa spécificité professionnelle. Ainsi, par exemple, un psychologue n’exercerait-il pas de la même manière qu’un animateur ;
  • Une formation, généralement de trois années, relative à l’approche centrée sur la personne, avec travail personnel et supervision auprès d’un expert dans ce cadre, ou en médiation artistique thérapeutique, tout au long de sa carrière.

Nous serions alors dans une dimension complémentaire à la démarche cognitive et dans une logique de continuité du cheminement des activités, nécessaires encore aujourd’hui, pour un développement du soin de l’âme par l’action thérapeutique.

28 juin 2017